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L’histoire de spéléos acharnés - Furets-Jaunes.org

L’histoire de spéléos acharnés

lundi 24 février 2014
par  Pierre Garcin

LA DESOBSTRUCTION ! UN PASSE-TEMPS QUI PEUT DURER ?
SCIALET GARIDON ET DU CLOS DE LA BOSSE. VERCORS CENTRAL

On est en juin 2005, 3 spéléos passionnés se sont mis en tête de relier la célèbre grotte de Gournier (Vercors) avec la surface, là haut sur le plateau des Coulmes. Nous auront bientôt la soixantaine avec une carrière bien remplie et pour couronner notre passé de spéléologue, la jonction d’un gouffre avec cette cavité d’envergure serait un magnifique cadeau de mère nature !
Voici le challenge de plusieurs copains têtus qui n’ont pas dit leur dernier mot !
C’est en discutant avec Jo Marbach sur nos rencontres de jeunesse à l’époque où la grotte de Gournier était leur terrain de jeu, lui et son frère Alain en particulier, dans les années 60 que nous abordons l’envie commune d’une traversée souterraine et qui dit traversée, dit bien souvent « jonction » ! Cette belle cavité leur avait donné beaucoup de « premières » à l’époque, puis d’autres gars ont pris la relève et notamment Les plongeurs dijonnais en 1981 qui ont pu toucher le terminus de cette fantastique rivière en franchissant le siphon terminal. Par la suite, grâce à D. Colliard et ses copains lyonnais, ils ont pu désamorcer l’ancien siphon au prix d’un dur labeur et en continuer l’explo. Tout bon spéléo peut accéder maintenant au fond du réseau de Gournier à condition d’avoir une bonne condition physique car c’est une longue et très belle course.
L’AVENTURE COMMENCE
C’est en revisitant les nombreux scialets du plateau dans la zone susceptible d’apporter une jonction que nous nous sommes déterminés à tenter notre chance. Le 3 mai nous repérons le scialet Garidon et celui de Ravassière, cavités bien placées et proches l’une de l’autre, mais laquelle choisir ? .Rien ne laissait espérer une liaison rapide, (on le savait) tous les fonds des scialets connus se terminaient sur des colmatages de terre et d’éboulis, sans aucun courant d’air comme fil d’Ariane. C’est au cours d’une prospection en solo, le 09 juin 2005 que je redécouvre le scialet du Clos de la Bosse près du Mont Noir, une simple doline percée par un puits de 8 M qui débouche à l’air libre sous une arche à la cote -12 au fond de celle-ci. Le groupe spéléo parisien des Cyclopes avait cartographié ce phénomène karstique en 1958 et l’avait publié dans un répertoire. Je m’amuse à scruter tous les interstices entre les blocs du fond avec une feuille de papier d’Arménie qui se consume lentement (chose qu’on ne faisait pas dans le temps) et par miracle, Bingo ! J’observe le flux grisâtre odorant, s’engouffrer rapidement contre la paroi ! C’est dire si la chance me sourit car il se trouve que la galerie des Noukis dans Gournier, passe juste au dessous. Le potentiel de dénivelé serait de 720 M ? (Le lendemain le courant d’air s’inverse avec l’arrivée du soleil) Je rameute vite tous les copains pour suivre d’où vient cette manne providentielle, ce qui va nous faire passer l’été à creuser ici à mains nues comme des malades. 17 séances de terrassement et de transfert de cailloux avec une brouette et de nombreux brisage de cailloux. En fin d’été nous nous arrêtons à la cote – 16, fatigués et déçus de n’avoir encore rien découvert sous un empilement de blocs dangereux. Le courant d’air nous nargue mais l’instabilité des parois non étayées menace de s’effondrer, nous abandonnons le chantier le 27 novembre. Le 14 janvier 2006 une excursion hivernale nous fait découvrir le trou enneigé et notre sondage complètement dégagé, la neige ayant été fondue par l’air chaud qui s’en dégage, ce qui confirme bien une relation en provenance de la vallée. Cette désobstruction pénible nous a usés et l’on se pose des questions quand à la suite des événements car nous ne sommes pas outillés pour creuser d’avantage, surtout que nous ne sommes pas nombreux ! Jo connait un autre gouffre (sans c/air) et peu profond, (-14) il s’agit du scialet Garidon. Pour des raisons techniques, ce trou ne manque pas d’atouts, il est situé juste au bord d’une grande et profonde doline, il serait parait-il juste à l’aplomb de la salle des Burgondes située 180 M plus bas dans Gournier, un repérage au barreau magnétique avait été effectué à une époque, juste à côté par B. Cruas pour les besoins en eau potable du village de Presles. (Ce projet de captage n’avait pas eu lieu, fort heureusement car le fond de Gournier aurait été condamné aux spéléos) Cette idée d’aller y attaquer une désobstruction est mise aux voix entre Jo, J. Pierre Vincent et moi-même puisqu’on est les principaux investigateurs. Personnellement, j’aurais bien voulu continuer la désobe au Clos de la Bosse mais voila que mes deux camarades votent pour le Garidon (et un bail de 8 ans !) Je suis obligé de suivre l’idée saugrenue de mes potes, car creuser une cavité sans courant d’air ne m’inspire pas. Ce trou est situé à une altitude inférieure (100 M plus bas que le Clos) et à 1 KM de distance, par contre il est accessible en voiture avec le feu vert de l’ONF et du maire.
TRAVAUX PHARAONIQUES
Début 2006 nous aménageons les pourtours de ce scialet en vue d’y installer un treuil de maçon que mon gendre m’a prêté, on fabrique un plancher suspendu pour ériger le mât et la potence afin d’éviter certains frottements. Nous fabriquons aussi une hutte en demi-cercle avec des rondins de 3.50 M installés sur l’éboulis, afin de pouvoir nous abriter quand les charges montent. Cette Hutte descendra avec le niveau du sol, elle est amovible et facile à déplacer. Du 25 au 28 mai nous organisons un petit camp FJS et la cote de -17 est facilement atteinte. Il n’y a que des gros blocs à remonter avec du terreau. Heureusement pour nous, les copains invités sont intrigués par cette méthode de désobstruction peu courante dans notre région et finalement ils vont coopérer au coup par coup à notre demande. Aucun départ n’est découvert et les parois du puits s’enfoncent au fur et à mesure du vidage sans nous accorder un soupçon de vide. Attirés par d’autres découvertes le trou retombe un peu dans l’oubli, le treuil est hors d’usage car il n’a pas été prévu pour un usage aussi intensif. C’est à la fin de l’automne que nous observons un léger courant d’air au fond de la doline attenante. Serait-il en liaison avec le scialet ? L’hiver passe et le 13 avril 2007 je ramène du Vaucluse sur le toit de ma voiture les éléments d’une grue FJS susceptible de nous servir plus tard ? (Bonne idée) Le 17, nous reprenons la désobe avec un nouveau treuil d’occasion réformé qui a déjà des heures de levage. Avec une grosse équipe FJS et d’autres amis nous enchaînons les sorties avec un bon rythme, c’est tellement agréable de pouvoir remonter du fond, accroché au câble, sans fatigue, que les séances deviennent presque un jeu ! Malgré plusieurs pannes le treuil électrique tient le coup mais le 27 octobre certains pignons cassent. La saison se termine ainsi, nous avons atteint la cote -23 après une vingtaine de sortie sans rien découvrir, le puits continu à descendre, inexorablement, toujours encombré d’éboulis !

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Grue FJS au Garidon

La troisième campagne au Garidon commence le 18 mai 2008. Le treuil a été révisé. Nous reprenons le vidage du puits à plusieurs retraités car ce travail n’attire pas trop les forces vives du club en ce début d’année, les jeunes en particulier. Mètre après mètre nous atteignons la cote -30 en traversant une épaisse couche de mondmilch occupée par endroits de dizaines de loirs en hibernation, ces gentils rongeurs seront remontés en surface et ré- introduits dans le lapiaz environnant. Le puits devient vaste, 3 à 4 M de diamètre au milieu, les parois luisantes, cannelées, agrémentent l’exploration mais il n’y a toujours pas de vide sous nos bottes, la jonction avec Gournier devient hypothétique. Ca devient long et fastidieux de remonter un bac de 200 Kg sur une telle hauteur, la vidange du bac s’effectue juste à côté, on déverse les blocs dans un coin de la doline avoisinante grâce à un petit charriot, les manœuvres prennent une dizaine de minutes, pendant qu’au fond une équipe remplit courageusement 9 à 10 seaux de déblais dans une bonne ambiance. En nous relayant, on peut assurer une baise de niveau de 1 M par séance de 6 à 7 H d’excavation. On s’amuse à établir des records de remontée de bacs ! Après 13 sorties, en fin de saison le mécanisme de la machine tombe en panne. Mai 2008, nous revoilà sur place avec le treuil révisé, des pignons tout neufs, un câble de 35 M et plein d’espoir d’en finir avec ce travail de titan. Un véritable petit campement permanent est installé autour du gouffre. Le fond du puits semble subitement se rétrécir, ce qui nous encourage à creuser avec plus de vigueur car le bouchon de bloc espéré ne doit pas être loin ? Malgré une série d’incidents électriques avec le groupe électrogène les bacs ressortent à vitesse régulière de 22M/minute mais vu du fond nous commençons à prendre peur car personne n’est protégé d’une éventuelle chute de pierre, surtout que le bac accroche de temps à autre la paroi, notre Hutte de rondin n’étant plus suffisante il va falloir se fabriquer un véritable abri, un toit solide à toute épreuve. Nous en sommes à la 34 ième sortie. Les déblais rejetés sont évalués à 140 M3 pour la saison.
2009

Depuis plusieurs années nous creusons dans plusieurs chantiers pour diversifier nos activités, scialet Gomez sur Lente, scialet de Rêve d’un jour au col de la croix Perrin, grotte Roche dans les gorges de la Bourne, pour ne citer que les plus importants mais rien ne nous fait abandonner notre addiction au scialet Garidon. C’est dire si on s’est spécialisé en désobstruction ! Le théâtre des opérations a bonne allure car cette fois ci l’équipe prête à en découdre est majoritairement constituée de spéléos retraités, nous sommes régulièrement une petite dizaine de participants, cela ne va pas sans bonne bouffe et breuvages célèbres ingurgités. Notre terminus prend maintenant la forme d’une grande diaclase, le câble du treuil arrive bientôt en fin de tambour et ça tombe bien car il semble que nous arrivons au fond du puits, une petite margelle stalagmitique apparait à nos pieds. Nous travaillons comme des automates, avec une allure soutenue, les parois se rapprochent mais on retrouve encore des caillasses, la suite devient plus étroite, en diaclase, une petite poche de vide est subitement découverte (1 M3) avec des ossements d’ours brun mais toujours pas de courant d’air ! Ce qui nous stimule, c’est de franchir le colmatage principal et la nouvelle configuration des lieux ne nous aide pas car sous le petit relais dégarni de -31 la diaclase prend des proportions inquiétantes, elle s’allonge. Le sol est meuble, le puits continue à descendre. Comme nous sommes à court de câble, J. Louis Bret nous installe un cabestan électrique de son invention qui permet de remonter les seaux jusqu’au bac de 200 L, en alternance avec la montée du treuil. Le 3 septembre, une pergola en câble soutient définitivement une charpente suspendue au dessus du cabestan, ainsi protégé notre sécurité est renforcée. Nous avions tremblé tant de fois quand le bac montait sans cette protection. Sans une équipe aussi motivée, rien n’aurait été possible. A plusieurs reprises nous avons cru découvrir une suite pénétrable mais la déception ne nous quitte pas, la diaclase est longue, elle est fermée aux extrémités, seul le sol s’enfonce vers l’inconnu. Des ossements de cerfs Elaphe sont éparpillés dans les déblais, il me semble qu’on rentre en préhistoire devant ces reliques enterrées sous 25 mètres d’éboulis. C’est la 59ième exploration. Au fil de la progression nous délaissons un pan de blocs suspendus coincé sous le relais de -31 et le 11 novembre le trou est déséquipé sous la neige après 24 séances et 48 M3 extrais. De mai à Juillet 2010, les M3 de blocs continuent à remonter lorsqu’un éboulement manque de peu de coincer un de nos amis en recouvrant nos outils. La trémie de 2009 vient de céder stoppant notre ardeur. Impossible de continuer, le vidage est trop exposé et il nous faut envisager de vider intégralement celle-ci par le haut (une dizaine de M3). A cette occasion notre doyen « Riquet » chute de 4M dans le P31 après avoir lâché son descendeur. Plus de peur que de mal ! 10 séances plus loin nous remarquons que le fond du P31 s’affaisse, la trémie se vidant elle crée un effet de succion laissant apparaître l’amorce d’un nouveau vide. Nous jonctionnons par la suite directement dans le haut du puits diaclase, seule une petite protubérance rocheuse nous sépare de la trémie avec un vide de chaque côté ! Il aura fallu 17 nouvelles descentes pour venir à bout de la trémie et retrouver nos outils ensevelis. (18M3 enlevés) A la 76 ième sortie nous retrouvons la profondeur atteinte en début de saison mais il n’y a plus de risque, les parois sont entièrement décapées, le puits de 31 M passe directement à -40 M, le petit relais de -31 ayant disparu il nous parait indispensable d’aménager les conditions de manœuvres. La cavité est déséquipée à la 76 ième.
L’année 2011 nous voit arriver de bonne heure au « Clos de la Bosse », la neige ayant déjà fondu le 16 avril. Nous effectuons une séance de brisage de cailloux pour fractionner les plus gros blocs qui entourent le passage du courant d’air au fond de la doline mais le Garidon reprend le dessus de notre passion. Le toit artificiel en rondins a souffert des chutes de pierres, il faut le renforcer. De plus, travailler au cabestan au dessus de 10 M de vide n’est pas rassurant. Nous installons donc un plancher suspendu ancré contre les parois et reposant sur un petit pont rocheux. Ce chantier va bien nous occuper. Dehors, la plateforme des déblais est aplanie régulièrement et sa surface grandit chaque année. La reprise de la désobe reprend de plus belle au fond de la diaclase, les équipes sont motivées. Le 21juin, au cours d’une remontée au treuil, le bac accroche la roche à 10 M en hauteur au dessus du relais artificiel de -31 produisant un effet « élastique » sur le câble. A notre étonnement, la libération de celui-ci provoque le dégondage du treuil sur la potence. Heureusement pour nous, la machinerie était attachée à une corde de sécurité installée 8 jours avant ! Le treuil de 100Kg est tombé de 3 M sous l’amarrage, libérant le bac en chutes libres sur 10M (180 Kg). Notre plancher suspendu amortit heureusement l’impact, les deux équipiers qui œuvraient à quelques mètres de là au cabestan sous le toit de -31 ont eu très peur et je me rappelle de les avoir vus remonter à toute vitesse, traumatisés, à deux sur la même corde. Nous échappons ainsi à un accident grave qui aurait pu mettre un terme à notre entreprise. Le treuil est endommagé, il faut le remplacer. Nous allons donc remettre en service la grue que j’avais ramenée du Vaucluse. L’installation va nous prendre 3 sorties mais dès la mise en route nous apprécions les avantages du système avec un câble neuf et une mécanique bien huilée. J. Louis Bret et J. P Méric bichonnent cette grue qui est leur bébé, nous aurons une maintenance irréprochable. Un téléphone est tiré entre grue et cabestan car les deux machines ne peuvent pas fonctionner ensemble. Le terminus du Garidon ne cesse de s’approfondir ! Les M3 remontent à une cadence régulière, parfois nous sommes une dizaine à nous relayer sur les postes éreintant. Le puits diaclase nécessite l’installation d’un deuxième toit de sécurité afin de protéger le personnel qui travaille au fond. Les blocs laissent la place à l’argile et à l’eau, rendant le creusement plus difficile, nous atteignons 47 M de profondeur et toujours pas de vide en dessous ! Un troisième toit en rondins est installé dans un coin de la diaclase pour se protéger des seaux qui remontent vite et se balancent dangereusement. Il faut être au minimum 6 personnes pour que la séance fonctionne. Vers la cote -49 la diaclase se resserre considérablement et laisse apparaître enfin un vide de 3M derrière une lucarne impénétrable. Les eaux de ruissèlements sont dirigées avec un tuyau cimenté dans ce passage providentiel. On espère aboutir bientôt dans une suite pénétrable et faire de belles découvertes ! La désobe va bon train et le 27 octobre nous fêtons la 100ième descente dans le gouffre. En surface la plateforme accuse 350M3 de remblais, du jamais vu dans notre région ! Le 3 novembre la cote de -52 signifie que le fond du puits se referme sur un plancher de roche compacte, seule, une mince fissure laisse écouler les suintements vers l’inconnu ? Nous avons encore expédié 38 M3 de remblais pour rien et nos rêves ne se sont pas concrétisés. Un espoir subsiste, suivre l’écoulement de l’eau.
AVIDES DE « PREMIERE »
2012. Nos techniciens ont modifié le moteur du treuil en y apportant une sécurité supplémentaire électromécanique. L’incident de l’an dernier est encore bien ancré dans nos mémoires. Le 17 mai, les essais sont concluants. Visite du terminus (Cloaque très petit) en vu d’un brisage de cailloux pour élargir la diaclase qui semble se diriger sous la lucarne impénétrable située 3 M plus haut. La mauvaise météo nous dirige encore vers le Clos de la Bosse, chantier de surface où l’on casse des blocs dans l’entonnoir.
A la 103ième sortie au Garidon nous commençons le découpage de la diaclase à en brisant la roche, il faut carrément ouvrir un pan de roche sur un mètre de haut et trois mètres de long. Des incidents sur le câble du treuil nous retardent, il faudra démonter inutilement le tambour et le porter chez le fournisseur pour révision. En alternance avec le Clos de la Bosse et pour favoriser la dissipation des gaz 6, sorties plus tard, à la mi juillet, (un certain vendredi 13) le percement du tunnel débouche enfin au bas de la lucarne comme nous le pensions après 3 M de minage. Pas de bol, Le fond du puits se referme une fois de plus, l’eau s’écoule lentement par des micros fissures, c’est la fin à -52 M !(109ième)
A partir de cette date nous n’irons qu’épisodiquement au Garidon, notre Joker deviendra le Clos de la Bosse où un important travail d’étayage nous occupe passagèrement dans la partie haute. Quelques tentatives de désobstruction au Garidon (à – 52) auront encore lieu pour ne pas avoir de remors car une laisse d’eau s’est formée et persiste suite aux pluies d’été. A la 116ième sortie nous sommes convaincus de notre échec. La grue est transportée au Clos de la Bosse en prévision de l’année prochaine. Le 24 octobre au cours d’une inspection des niches présentes dans le P 52, vers –40, sur les conseils de P. Lefebvre, après élargissement, J.L Bret et V. Franzi découvrent un départ prometteur avec C/A, arrêt sur P5 impénétrable difficile à ouvrir. Nous creusons donc un boyau artificiel horizontal en pleine roche vive 5 M plus bas pour déboucher sous le P 5 dans un nouveau puits parallèle de 6 M et remontant de plus de 20 M ? L’espoir d’une jonction renait ! Le 24 novembre on s’arrête au départ d’un P 25 humide et mondmilcheux. A la 122 ième sortie le bas de ce puits nous déçoit. L’eau se perd dans une infâme étroiture basse sans ventilation à -81 M. La jonction avec Gournier n’est pas pour demain, 7ans d’acharnement pour en arriver là ! L’hiver froid de 2013 nous permet d’aller en raquettes au Garidon pour y effectuer des élargissements dans deux départs infimes situés entre -45 et -42M, sait-on jamais ? 7 sorties seront nécessaires pour aboutir à de piètres résultats dont une jonction parallèle avec une petite salle basse située au bas du P6, par contre Pierre Lefebvre agrandit une niche en trois coups de massette à -35 M, il jonctionne avec le haut du puits remontant au dessus du P6. Cette désobe de courte durée nous aurait économisés au moins 6 ans d’effort pour atteindre -83 ! Cruelle déception sur ce constat, mais c’est la loi du calcaire.
TÊTUS MAIS PAS VAINCUS !
Le 7 juin, nous investissons le Clos de la Bosse et installons la grue qui nécessite trois bonnes séances techniques de mise au point. Nous allons étayer alternativement nos deux chantiers au cours de l’été car le Garidon nous laisse un gout amer dans la bouche, en 10 sorties d’étayages et de minages successifs à -81 nous abandonnons la poursuite des travaux à -83 M. Il ne doit rester qu’une trentaine de mètres pour jonctionner avec le réseau remontant de D. Colliard. Le Garidon est définitivement abandonné à la 136 ième exploration. Pour le Clos de la Bosse nous récupérons des glissières de sécurité et les montants d’échafaudage d’un ami, Frédo Poggia. Un téléphérique de 40M est installé entre le haut et le bas de la doline pour convoyer les charges lourdes. Grâce à la grue nous pouvons descendre avec assurance dans une fosse métallique, solide. Là aussi les M3 s’accumulent au fond de la doline. Le courant d’air nous dirige et c’est avec plaisir que nous le suivons en découvrant un joli crâne d’Ursus Artus. Le 10 août à la 56 ième sortie nous découvrons enfin un vide accessible à la cote -19. Quel bonheur pour nous après 8 ans d’extraction de calcaire, d’explorer un peu de « vierge » dans ce massif. La suite se présente sous le plafond d’une strate, un laminoir d’une longueur de 20 M, très concrétionné par des fistuleuses se referme sur un remplissage. Plusieurs séances ne permettent pas de progresser dans cette voie d’autant plus que le C/A venait d’un autre passage impénétrable, à l’opposé. Déterminés à le suivre il nous faut encore sortir les perfos pour 7 séances de minage.

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Chantier été 2013 au clos de la bosse

Le C/A remonte au terminus du chantier et pour simplifier la désobe, la décision est prise de le court-circuiter par la surface. Après report à l’aide des balises nous attaquons le creusement d’une deuxième fosse (2X1M) parallèle à la première le 19 septembre (63ième) En 4 séances nous arrêtons l’évacuation des déblais à 3 M de profondeur, craignant l’éboulement. Nous retrouvons le C/A aspirant car il fait froid, la météo n’est pas bonne. Il faut remiser le matériel le 1ier novembre. Tous les espoirs sont permis après les centaines d’heures passées à creuser. (450 M3 sur les deux gouffres, environ) pour relier ce gouffre au réseau sous-jacent. Le bilan est sévère, 203 sorties spéléo sur ces deux cavités en 8 ans, la rage d’en finir approche, notre moral n’est pas affecté ! Espérons que 2014 nous livre sans formalité la jonction avec Gournier et récompense notre acharnement ?
Le potentiel serait de moins 720 M pour 8 KM de rivière.
Affaire à suivre…..
Pierrot Garcin


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